Vélo à Nice : pédalage et rétropédalage. On ne rattrape pas des dizaines d’années de retard en quelques jours…

Le vélo est un mode de transport silencieux, non polluant, rapide, pratique, bon pour la santé et bon marché. Il répond à la fois à l’urgence écologique et à l’urgence sociale. Le vélo répond aussi à l’urgence sanitaire, car il évite la promiscuité et permet la distanciation physique. ViVA! propose un ambitieux plan vélo avec notamment le développement de 340 km de vraies pistes cyclables à Nice. Le maire actuel s’est limité à mettre en avant deux petits nouveaux aménagements sur deux lieux emblématiques, le bas du boulevard Gambetta et Rauba Capeu. D’autres pistes ont été (mal) installées à certains endroits et supprimées au bout de quelques jours… Pédalage et rétropédalage… On est encore très loin du compte…

Durant la campagne des élections municipales, ViVA! a proposé un ambitieux plan vélo avec notamment le développement de 340 km de vraies pistes cyclables à Nice. Le vélo est un mode de transport silencieux, non polluant, rapide, pratique, bon pour la santé et bon marché. Il répond à la fois à l’urgence écologique et à l’urgence sociale. À cela, nous devons rajouter que le vélo répond aussi aux impératifs sanitaires, car il évite la promiscuité et permet la distanciation physique.

L’enquête « Parlons vélo » menée par la Fédération des usagers de la bicyclette a montré que Nice était en très en retard sur les autres grandes villes françaises comparables. Jusqu’à présent, notre ville a manqué de volonté politique pour rompre avec le « tout-voiture » et toute personne qui voyage ailleurs et revient à Nice peut le constater : ici, le vélo reste encore très minoritaire dans les déplacements du quotidien. Le manque de vraies pistes cyclables sécurisées est évident.

En avril, ViVA! a dénoncé les restrictions absurdes qui étaient imposées aux cyclistes, en particulier à Nice (avec notamment une incroyable chasse aux personnes se déplaçant à vélo sur la piste cyclable de la Promenade des Anglais pendant la période du confinement). ViVA! a demandé le développement en urgence de pistes cyclables pour répondre à la demande qui s’annonçait très importante pour la période du déconfinement à partir du 11 mai. Nous ne nous sommes pas limités à demander des pistes cyclables supplémentaires. Nous avons aussi demandé une véritable concertation avec les associations de cyclistes et les différentes organisations dans les quartiers. Nous avons aussi demandé d’accompagner ces dispositifs d’un réel plan vélo avec une réduction de la vitesse et de la circulation automobiles, une meilleure articulation avec les transports en commun, une meilleure signalétique pour favoriser la cohabitation entre les différents usagers de la route et clarifier les itinéraires, une meilleure continuité des réseaux cyclables, l’aide à l’achat, à la location et au stationnement des vélos, une véritable politique d’accompagnement, d’apprentissage et de reconquête pour de nouvelles et nouveaux cyclistes.

La municipalité sortante n’a pas réellement pris en compte nos propositions. La Ville a effectivement instauré la gratuité des Vélobleu et des Vélobleu à assistance électrique jusqu’au 30 juin. Elle a subventionné l’achat de vélos, développé de nouveaux stationnements. Mais alors que Christian Estrosi avait annoncé le 25 avril vouloir réserver certaines rues aux vélos, cette annonce ne s’est concrétisée que sur les 800 mètres au sud du boulevard Gambetta. Le maire avait également annoncé la création de 30 km de pistes cyclables supplémentaires. Finalement, à la mi-juin, le bilan est plutôt maigre avec environ 4 km (2 km aller et 2 km retour) de pistes cyclables supplémentaires, notamment sur deux endroits emblématiques : le bas du boulevard Gambetta et Rauba Capeu. 
Sur le Port, Rauba Capeu et le quai des États-Unis, il faut noter qu’il y avait déjà une bande cyclable sur le trottoir, mais qui était souvent interrompue par les animations (notamment au Port). La nouvelle piste cyclable est très appréciée des cyclistes. 
Sur le boulevard Gambetta, cet aménagement est vraiment nécessaire mais seule la partie sud du boulevard a été réellement aménagée pour assurer la sécurité des cyclistes qui sont très nombreux et nombreuses à l’emprunter chaque jour. La piste cyclable au nord de la voie ferrée a été mal aménagée puis supprimée à la mi-juin. Aucune continuité n’est donc assurée vers les quartiers Nord et le boulevard de Cessole. 

Quelques pistes cyclables ont été aménagées de façon provisoire dans d’autres quartiers, notamment à la Madeleine ou au boulevard Pierre Sola, mais supprimées au bout de quelques jours devant les protestations des automobilistes. Il est vrai que ces pistes ont été mises en place en urgence, apparemment sans aucune concertation et elles ont soulevé de nombreuses critiques, ce qui était prévisible.

M. Estrosi a donc fait une belle démonstration de pédalage et rétropédalage sans lendemain. Il a sans doute préféré le passage en force sur deux lieux emblématiques plutôt que développer un véritable réseau dans l’ensemble des quartiers. On ne rattrape pas des dizaines d’années de retard du jour au lendemain.

Néanmoins, on constate à Nice (comme partout en France et sans doute ailleurs) une augmentation considérable du nombre de personnes circulant à vélo, y compris avec de jeunes enfants. Les ventes de vélo ont explosé. Les réparateurs sont aussi débordés. Le vélo a le vent en poupe !

Il reste beaucoup à faire pour mettre en œuvre une véritable révolution des transports à Nice pour répondre aux impératifs écologiques et sociaux et apaiser la circulation. Plus que jamais, Nice a besoin d’un véritable plan vélo.

Dessin : Thibaut Soulcié (merci à lui !)

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