L’écologie, ViVA! et Governatori

Au premier tour des élections municipales, deux listes à Nice se réclament de l’écologie : “Nice Écologique” et “ViVA! Démocratie – Écologie – Solidarité”. Il n’a peut-être pas été facile, pour les citoyennes et les citoyens sensibles aux enjeux soulevés par le problème du dérèglement climatique, de s’y retrouver. Beaucoup n’ont pas compris pourquoi il y avait deux listes, alors que les programmes sont très différents.

Chez Nice Écologique, de nombreuses propositions pour l’environnement, quasiment toutes partagées par ViVA!. Mais pour ViVA!, on ne peut plus, à l’heure de l’urgence climatique et écologique, se contenter de défendre l’environnement.

Il faut aller plus loin, beaucoup plus loin. S’attaquer aux racines de la crise écologique qui poussent toutes dans un même terreau : celui de l’économie néo-libérale qui ne respecte qu’une chose : l’argent roi. Là est la cause profonde des multiples pollutions, du dérèglement climatique, du recul de la biodiversité, de l’agriculture intensive et du recul des terres fertiles face au béton, etc.

Ce ne sont pas seulement les dégâts qu’il faut essayer de réparer, comme ce que propose le programme de Nice Écologique. Il faut aussi et surtout agir sur les causes de la catastrophe écologique et donc s’opposer à la fuite en avant d’une économie productiviste qui sacrifie à la fois les vies humaines et la planète sur l’autel des profits capitalistes !

C’est la manière de produire et de consommer, c’est tout un système qu’il faut remettre en cause et repenser, comme nous l’a hélas prouvé la crise du Covid 19. Tout cela, la liste Nice Écologique, conduite par Governatori, venu de la droite, ancien patron d’une entreprise qui n’est pas un exemple, que ce soit en termes de meubles respectueux de l’écologie ou sur le plan social, n’en a pas dit un mot.

Son programme se contente de l’environnement et se refuse à des mesures sociales radicales et urgentes. C’est, par exemple, pour respecter le sacro-saint ultralibéralisme que Nice Écologique n’a pas proposé, comme l’a fait ViVA!, de supprimer la pollution visuelle des panneaux d’affichage dans la ville.

C’est ce refus de combattre le mal à la racine qui explique les différences majeures avec le programme de la liste ViVA! Démocratie Écologie Solidarité. Citons quelques exemples.

La gratuité des transports, refusée par Nice Écologique est proposée par ViVA!, comme par des centaines de listes électorales de gauche et écologistes dans toute la France. C’est pourtant bien la gratuité des transports qui peut permettre de faire reculer la circulation automobile et donc les émissions de gaz à effet de serre ! C’est pourtant bien cette gratuité qui relie l’écologie, le social (une mesure de justice sociale pour les milieux modestes) et la démocratie (une mesure pour toute la population) !

ViVA! propose de faire de l’ancien hôpital Saint-Roch un bâtiment à vocation sociale qui accueillerait les familles en difficulté, quelle que soit leur origine, plus une maison des femmes.

ViVA! promet le doublement des places en EHPAD (Nice Écologique parle d’augmentation).

ViVA! propose la mise en place dans chaque quartier d’un centre de santé ainsi que d’une maison de la culture et du citoyen.

La liste Nice Écologique de Governatori est restée presque muette dans son programme sur le plan social. Mais elle a quasiment oublié aussi le plan démocratique, si l’on excepte la promesse bien vague de “stimuler et accompagner les énergies citoyennes” ou “d’installer des niveaux de décision et d’actions à l’échelle de chaque quartier”.

La liste ViVA! présente quinze engagements permettant, a minima, de restaurer une véritable éthique municipale à Nice.

Mais outre ces engagements, ViVA! fait de nombreuses propositions concrètes :

  • La mise en place de véritables conseils de quartier citoyen.
  • L’instauration d’un budget participatif décidé par les habitants (le conseil municipal votant ainsi le budget élaboré en amont par la population).
  • L’organisation chaque année des Assises de la ville, qui auront comme objectif d’évaluer les politiques publiques de la commune et joueront, avec un Observatoire de la citoyenneté, le rôle de contrôle citoyen.
  • La mise en pratique de la citoyenneté de résidence : les Niçoises et les Niçois à partir de 16 ans, quelle que soit leur nationalité et leur origine, pourront participer à la vie de leur cité.
  • La possibilité de Référendums d’Initiative Citoyenne, demandés à partir d’un seuil de la population (5%) et qui pourra porter sur tous les sujets et projets locaux, dans le cadre de la législation.

Deux listes écologistes donc : l’une limitant l’écologie à la défense de l’environnement et sans propositions radicales, l’autre proposant des mesures radicales pour répondre à l’urgence climatique et écologique, avec le souci permanent de relier l’écologie à la démocratie et la solidarité. Cherchez la différence…

Dernière minute : au moment de publier InfoViVA!, nous venons d’apprendre que lors de la séance inaugurale du nouveau conseil municipal de Grasse consacrée à l’élection du maire, les deux élu·es écologistes (sous étiquette commune AEI-GE-Cap21) auraient voté pour l’élu du RN (Isnard). L’AEI (Alliance Ecologiste Indépendante) est dirigée au plan national par Governatori…

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