De la pandémie du Covid 19 et de la biodiversité

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Alors que la pandémie de Covid-19 se répand rapidement sur l’ensemble de la planète, menaçant des millions d’êtres humains, l’économie mondiale est à l’arrêt. Et pourtant c’est bien elle qui est indirectement à l’origine de ce désastre sanitaire. En effet, l’éternelle course au profit et l’exploitation sans cesse reculée de la planète pousse les humains à se rapprocher inexorablement du monde sauvage, au risque de rompre la barrière des espèces qui a prévalu pendant des millénaires.
 
Entre 1940 et aujourd’hui, le nombre d’épidémies a été multiplié par plus de 10. Depuis une cinquantaine d’années, on assiste à une augmentation très rapide du nombre de zoonoses (il s’agit du passage d’une maladie depuis des animaux vers les êtres humains) à l’origine de la très grande majorité des infections nouvelles que l’on appelle des maladies émergentes. Le Covid-19 est une de ces maladies émergentes de type zoonose après le SRAS en 2002-2003, le MERS-CoV en 2013-2014 ou Ebola en 2014-2015.
En l’état actuel des connaissances scientifiques, ces phénomènes ont pour cause principale la diminution massive de la biodiversité sous la pression de plus en plus grande des activités humaines.
 
Déforestation et élevage industriel


La déforestation et l’élevage industriel sont ici particulièrement en cause. Ainsi, la déforestation qui provoque la destruction des habitats naturels entraine une croissance des contacts entre monde animal sauvage et monde humain, ce qui favorise l’apparition de zoonoses. Ce rapprochement entre animaux sauvages et humains est aussi dû à nos infrastructures linéaires (routes, voies ferrées, réseaux…) qui fragmentent les habitats naturels. Dans ces passages de maladies des animaux sauvages vers les êtres humains, les animaux d’élevage industriel jouent souvent le rôle d’intermédiaire. En effet, la concentration très forte d’animaux d’élevage avec une faible diversité génétique dans un même lieu dans des conditions sanitaires souvent déplorables représente un milieu très favorable à la transmission de maladies depuis le monde sauvage vers l’humain.

S’attaquer aux racines du problème
 
Aujourd’hui, l’urgence est bien évidemment à gérer la crise sanitaire. Mais pour limiter au maximum le risque qu’une nouvelle pandémie meurtrière se déclenche à l’avenir, il est nécessaire de s’attaquer aux racines du problème. La protection de la biodiversité, et donc la remise en cause de certains modèles agricoles et plus largement du productivisme et de la course effrénée au profit, apparaît donc comme un enjeu essentiel dans l’avenir pour protéger la santé des populations.

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