Christian Estrosi et l’hôpital

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On le voit sur tous les fronts : annulation du carnaval, champion du confinement et des restrictions de circulation sous surveillance, Chloroquine, tests, masques pour toutes et tous, accompagnement des seniors par les services de la mairie (faire leurs courses, etc.), en espérant remonter un peu plus sa côte de notoriété auprès des Niçoises et des Niçois. Avec le Coronavirus, Estrosi se refait une virginité… pour faire oublier un passé complice.
 
Et pourtant, pour ne pas répéter nos erreurs, il faut savoir regarder le passé récent. Et si on en est là aujourd’hui, c’est bien en partie à cause des choix politiques de notre maire sortant :
 
En tant que président du conseil de surveillance du CHU, il n’a jamais dénoncé les suppressions de postes et de lits du CHU. Au contraire, il a toujours été fier de dire qu’il se félicitait de « poursuivre et intensifier la belle dynamique initiée depuis 2008. Nous devons maintenir l’équilibre budgétaire… ». Il a laissé détruire l’hôpital, malgré les très nombreuses alertes des soignant·es ou l’audit interne d’il y a quelques mois (Nice-Matin titrait en juin 2019 « Alerte au « harcèlement moral » à l’hôpital de Nice »).
 
En tant que député de 1988 à 2016 (sauf de 1993 à 1997), il a soutenu 30 ans de politiques de réduction des dépenses qui ont mis à genou l’hôpital public, malgré les alertes des personnels soignants. Lorsque la droite était au pouvoir (Chirac, Sarkozy), il a voté POUR :
  • toutes les lois de finance qui baissaient les budgets publics et soutenaient les baisses d’impôts des plus riches, réduisant de fait les budgets de l’Etat et l’investissement public dans la santé ;
  • toutes les lois de financement de la sécurité sociale qui ont entraîné des baisses de budgets, des suppressions de lits et de postes dans les hôpitaux ;
  • tous les traités européens dont le dernier, le mécanisme européen de stabilité, appelé TSCG (scrutin n° 861), qui demandent la baisse des investissements dans les services publics et fixent un plafond de dépense publique.
Mais aussi :
  • Le passage à 100% de la part tarifée à l’activité (T2A) dans le secteur public en 2008 (alors réservé au privé depuis 2004). La course au rendement imposée par ce mode de financement a fait exploser la chirurgie ambulatoire, dite aussi chirurgie d’un jour, devenue « l’axe majeur du plan de refondation ». Ce qui a incité à supprimer des lits de nuit, pas assez rentables, d’où le bilan catastrophique des dizaines de milliers de lits supprimés depuis des années ;
  • la loi Bachelot n° 2009-879 du 21 juillet 2009 « Hôpital patients santé et territoires » (scrutin n° 399 du 23/06/2009) qui a démis les médecins d’une grande partie de leur pouvoir. La commission médicale d’établissement, composée de médecins, est devenue subordonnée aux chefs d’établissement, les directeurs, qui jouent le rôle du manager et qui ne sont souvent plus des médecins, issus du terrain, et n’ont donc pas de formation médicale. Ce sont des hauts-fonctionnaires passés par l’École des hautes études en santé publique, une sorte d’ENA dédiée à la gestion financière des hôpitaux. Et autant dire que l’objectif a été depuis, la réduction des coûts …
En tant que maire de la 5ème ville de France, il soutient aujourd’hui Macron et sa politique actuelle qui a supprimé plus de 4000 lits depuis 2017.
 
C’est peut-être pour cela qu’il propose la seule mesure à peu près raisonnable, la distribution de masques tissus respectant les normes sanitaires en vigueur contre le codiv-19…
À moins que cela soit pour nous museler ?

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